ARCHIVES DE LA BIENNALE DE PARIS
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Textes

Vers un art sans oeuvre, sans auteur, et sans spectateur, par
Stephen Wright

Pour un catalogue des arts
réputés illégitimes, par
Jean-Claude Moineau

Six points d'informations, par
Marie-Pierre Bathany

Performer la société, par
François Deck

Archiver la disparition, par
Alexander Koch

Emancipation, par Brian Holmes
Un manifeste hacker, par McEnzie Wark
La vie au point de mire, par Suely Rolnik

Amicale de la Biennale de Paris

Texte d'introduction, par Jean-Baptiste Farkas
1ère Amicale
2e Amicale
3e Amicale
4e Amicale
5e Amicale
6e Amicale
7e Amicale
8e Amicale
9e Amicale

Démarches

Académie du vent
Agence
Association A-R
Agendas Espaces
Au Travail
Au bout du plongeoir
Bourse du Travail Parallèle
Courants Faibles
Cyril Delage-triathlète
Expertises réciproques
Fondation Rosario Almara
Gang of Cupidon
Glitch
Guide des Buffets de Vernissage
Journée Libanaise du Taboulé
Infratecture
Il paraît que
Ikhéaservices

Incompatibles
International Benjamin Kit
L'art est l'entreprise
La Bergerie
Le Révérend Billy
Les Somnatistes
Name Diffusion
Madame Duplok
Médicaments
Mercado Ley
Microcollection
Musée des nuages
Mutuelle Ermut
Offre de temps de chômage
Ostsa
Paul-coureur de fond
Pinxit LM
Précaritas
Public Globality Gardens
Qantador
Que reste-t-il de Florian
Rencontre Service
Rue de la Gare
Saint-Thomas l’Imposteur
Soussan Ltd
Stratégies et Méthodes TB
Syndicat d'initiatives
Target Autononpop
That’s Painting Productions
Thermo-hygrographe
The Yesmen
The real world
Third Text
Visualinguistic
Voghchaberd
Y a trop d'artistes!
Ultralab
Ynbk

Annonces 1

Dans l’art contemporain on
trouve de tout, mais en moins
bien qu’ailleurs

Découvrez en vous l’artiste que
vous avez toujours rêvé d’être

I have nothing to show
and I’m showing it

Je vois l’art de plus en plus,
là où ça n’est pas fait exprès

Journée nationale d’abstention de fabrication de produits artistiques
La culture façonne par toutes
ses expressions une pratique
de l’obéissance

L’oeuvre fait écran à l’activité artistique
Participer aux recherches
d’un disparu

Un beau cadre de vie est
l’archétype de l’art du futur

Un art libéré de l’idée de l’art,
ce serait tout un art


Education

Apprendre l’histoire de l’art
à partir de silhouettes d’artistes

Ateliers de dessins
inaccessibles au regard

Recherches sur la visibilité
pour les non-voyants


Etudes

Etude sur la reconversion
du monde de l'art


Annonces 2

Agencement d’art
Achetez votre électricité
Accord juridique entre 2 parties
Appel à l'unité du Liban
Appel à candidatures Précaritas
Déclaration formelle d'existance
Désuétudes
Foyer des auteurs émergents
Insertions dans la presse
Jeu de société
Publicités
Recherche complices
Re-introduction du goût dans l’art
Supplément d’oeuvre

Compétences et incompétences

Compétences
Incompétences
Mutualisation des incompétences

Produits

Bière spéciale coupée à l’eau
Bière 8.7
Blanc
Cocktails
Collecteurs excréments de chiens
Confetti
Conservateur liquide universel
Eau du robinet au naturel
Extincteurs
Fontaine
Fantômes
Hygromètres
Isoloirs pour téléphones mobiles
Le diable
Les Marcel’s
Objets Dériviants
Oca-Ola
Outillage
Miel Béton
Tee-shirt XLs
Revaloriser les produits degradés

Services

Annulation d’espaces
Buffets de vernissages
Chargeur de téléphone portable
Contrats prévoyances obsèques
Déménagements
Destruction de lieux d’exposition
Déplacement d’oeuvres
Immortaliser votre amour
Inventaire des moins visibles
Locations de chaises de toile
Mesure de la qualité de vie
Motifs décoratifs
Nettoyage et entretien
Organiseur
Peinture en bâtiment
Piscines
Simulacres d’oeuvres nocifs
Superfiltre de perception
Transport de courrier à pied
Travaux de bâtiment
Un jeu de cartes
Visualisations des idées

That’s Painting Productions

Il paraît évident que les pratiques artistiques visuelles doivent bénéficier du plus haut coefficient de visibilité artistique possible. En l’absence de tout dispositif de cadrage susceptible de distinguer l’art de la simple réalité ordinaire, des objets et des activités en tous genres rechignent à changer de statut perceptuel et ontologique pour devenir de l’art. L’alchimie de cette transfiguration ainsi que ses enjeux philosophiques sont depuis une trentaine d’années l’objet d’un vif débat théorique. Or en même temps, la dernière décennie a témoigné de l’émergence d’un nombre croissant de pratiques qui, bien qu’informées par une compétence et une intentionnalité artistiques, dégagent un si faible coefficient de visibilité artistique qu’elles demeurent imperceptibles en tant qu’art.

Nous voyons certes quelques chose, mais non pas en tant qu’« art ». Beaucoup de ces pratiques peuvent être pensées comme ayant un lien de famille avec ce que Marcel Duchamp a appelé le « ready-made réciproque », genre inédit qu’il a défini, avec son allégresse habituelle, par un seul exemple : « se servir d’un Rembrandt comme table à repasser. » Plus qu’une simple boutade à prendre au pied de la lettre ou une parodie facétieuse de l’idée même de toute valeur d’usage, l’exemple choisi par Duchamp met en avant le potentiel symbolique du recyclage de l’art - et plus largement des compétences et des perceptions artistiques - dans l’économie symbolique de la vie de tous les jours. Car à cet égard, le ready-made réciproque est l’inverse du ready-made standard, qui consiste à recycler le réel - sous forme d’objets manufacturés - dans l’économie symbolique de l’art. Maintenant, que se passet-il quand l’art émerge dans le quotidien, non pas pour l’embellir, mais pour l’informer pour ainsi dire invisiblement ? Quand l’art apparaît non pas sous forme de ses fins spécifiques (oeuvres d’art) mais sous forme de ses moyens spécifiques (compétences) ? Sans le « cadre » performatif du monde de l’art, qui valide et homologue ce qu’on voit comme relevant de l’art ?

Personne n’a exacerbé davantage les paradoxes opératoires liés à de telles questions que le peintre français Bernard Brunon. Car si sa pratique picturale se nourrit de sa formation dans la tradition avant-gardiste de Supports-Surfaces, son travail souffre - ou plutôt, jouit - d’un coefficient de visibilité artistique négligeable. Or, il se peut bien que le faible coefficient de visibilité de sa pratique soit inversement proportionnel à son efficience dans le réel : puisque sa pratique n’est pas socialement et symboliquement cloisonnée comme étant de l’« art » - c’est-à-dire, comme n’étant « que de l’art » - elle demeure libre de déployer toute sa force symbolique dans le réel. Il s’agit d’un art furtif, capable d’infiltrer des sphères de production du monde bien au-delà de la portée des pratiques opérant sans ambiguïté sous la bannière de l’art. En sacrifiant son coefficient de visibilité artistique à une plus grande efficience dans le réel, cet art n’at-il pas retrouvé ce que l’art des dernières décennies semble souvent avoir perdu, à savoir une certaine capacité à nuire ? La pratique de Bernard Brunon - que l’artiste lui-même décrit plutôt jovialement comme du « support-surface ouvrier » - se déploie sous forme d’une entreprise de peinture en bâtiment, enregistrée sous le nom de « That’s Painting ! », qu’a fondée l’artiste à Houston dans les années 80, initialement pour avoir une raison sociale afin de pouvoir gagner sa vie dans la métropole texane. Si l’entreprise s’est montrée économiquement viable - employant aujourd’hui de nombreux ouvriers spécialisés - sa prospérité doit bien peu au monde de l’art. Car bien que Brunon considère - non sans une certaine audace mais en toute simplicité - sa nouvelle activité de peinture comme artistique à part entière, il n’y a strictement rien d’arty ni même d’artistique au sens visuel du terme dans les travaux de peinture réalisés par l’entreprise. En effet, le credo de la boîte est fonctionnel, sérieux et reflète l’affairement d’une entreprise soucieuse de sa part du marché : « travaux bien faits, échéances respectées, prix compétitifs ».

L’entreprise recouvre de peinture des surfaces préparées, ce qui relève d’une définition minimale de l’activité picturale. Toutefois, la majeure partie de la clientèle ne se doute pas, et n’a aucun motif de se préoccuper que Bernard Brunon perçoive son entreprise comme une oeuvre collective d’art conceptuel, dont la devise est la suivante : « With less to look at, there’s more to think about », (Moins il y a à voir, plus il y a à penser). Brunon nous invite en somme à penser la peinture en dehors de tout critère de visualité. Si les pratiques artistes existent aujourd’hui dans une prolifération de formes, souvent bien éloignées des conventions des beaux-arts et du monde de l’art, c’est peut-être au niveau des liens qu’entretient That’s Painting avec la peinture comme genre artistique qui constitue sa singularité à cet égard.

Stephen Wright


Peal Green, Caramel Corn, Cottage Red, 09.2006.
Avec la collaboration de Martin Tovar, Adolfo Mejia et Jorgge Tovar.

Pause déjeuner.

Peal Green, Caramel Corn, Cottage Red, 09.2006.
Avec la collaboration de Martin Tovar, Adolfo Mejia et Jorgge Tovar.

Peal Green, Caramel Corn, Cottage Red, 09.2006.
Avec la collaboration de Martin Tovar, Adolfo Mejia et Jorgge Tovar.
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