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Journée Nationale Libanaise du Taboulé

Cette journée nationale se déroule chaque année, le premier samedi du mois de juillet. Cette année elle a eu lieu le premier juillet, pour la sixième année consécutive. Il s’agit d’un rassemblement de la communauté libanaise autour d’un repas traditionnel et accessible à tous. Cela a pour seule ambition de tenter d’apaiser les tensions et divisions qui touchent un peuple meurtri par trente années de guerre. Une démarche simple, originale que lance en 2001 l’artiste libanais Ricardo Mbarkho. Depuis cette date, le nombre des gens qui célébrent cette fête et qui font circuler la nouvelle via Internet et le bouche à oreille n’a cessé de s’accroître. Grâce à cette initiative plus de 300 000 personnes au Liban et partout dans le monde se sont réunis en 2006 ; et cela sans aucune promotion de l’état libanais.

Fêtons le taboulé

« Difficile de s’entendre sur la date d’une fête nationale quand on a traversé 15 ans de guerre civile. Comment fêter ensemble quand, il y a moins d’une décennie, une partie de la population a fait couler le sang de l’autre ? Un artiste libanais, Ricardo Mbarkho, tente depuis trois ans d’imposer sa réponse à cette épineuse question. De manière unilatérale, l’artiste de Beyrouth a décidé de décréter le premier samedi de juillet la Journée nationale du taboulé, rien de moins. Pas question de fêter le drapeau libanais et son cèdre majestueux. Ni de souligner la fin des hostilités en 1990. Non, c’est à la salade composée de blé concassé, de persil, de menthe, de tomates, d’oignon, d’huile d’olive et de citron que revient le rôle d’unifier les célébrations de toutes les communautés du Liban d’après-guerre. « Il n’y a aucune célébration qui unit tous les Libanais. Il y a toujours des divisions religieuses ou ethniques. J’ai trouvé la sortie de secours dans la cuisine », dit Ricardo Mbarkho. Le taboulé n’appartient à personne en particulier ou il appartient plutôt à tous les Libanais. « Comment se fête la Journée du taboulé ? « L’idée n’est pas de manger le plat en tant que tel. Ça se passe dans la tête, dans la reconnaissance de ce lien commun », explique M. Mbarkho. Le professeur à l’Institut Supérieur des Beaux-Arts de Beyrouth, spécialisé en arts médiatiques, ne dispose pas de l’appareil étatique pour faire la promotion de la fête du taboulé, décrétée pour la première fois en juillet 2001. C’est donc sur la force du réseau Internet que l’artiste a dû miser pour sensibiliser la communauté libanaise mondiale. Une fête encore marginale pour un pays de quatre millions d’habitants et une diaspora considérable, mais néanmoins franchement délicieuse. »

Perreault, Laura-Julie, « Fêtons tous le taboulé ! »
Paru dans La Presse (Canada), le 9 juillet 2004.
(Extraits)



Célébration

« Roi du mezzé, délicieux dans sa fraîcheur et son goût acidulé, le taboulé est certainement plus qu’une salade. C’est un véritable symbole national. Et c’est à cette dimension patriotique que s’est intéressé Ricardo Mbarkho, artiste multimédia, lorsqu’il a lancé en 2001 une idée en apparence farfelue : inviter tous les Libanais, au Liban et ailleurs, ainsi que leurs amis et autres sympathisants à célébrer la Journée nationale libanaise du taboulé. Important à signaler : la Journée nationale libanaise du taboulé acquiert cette année ses lettres de noblesse artistiques. La Biennale de Paris [...] l’a adoptée dans son programme et la considère comme une oeuvre d’art immatérielle. Une démarche simple, originale que le professeur à l’Académie Libanaise des Beaux-Arts voudrait instaurer, le premier samedi de juillet, dans le calendrier national.
« Depuis le lancement en 2001, le nombre de personnes qui célèbrent cette fête et qui font circuler la nouvelle via Internet et le bouche-à-oreille n’a cessé de s’accroître », précise Mbarkho. Selon lui, plus de 240 000 personnes au Liban, au Canada, aux États-Unis et en Europe se sont réunies en 2005 autour d’un plat de taboulé ; et cela sans aucune promotion de la part de l’État libanais jusque-là. Alors à votre tour, faites circuler la nouvelle et rejoignez les « tabouleurs » aujourd’hui 1er juillet autour de ce plat. Ingrédients essentiels : une bonne recette, une pincée de convivialité et de bonne humeur. « Le taboulé est connu comme étant un des célèbres plats traditionnels libanais que tous nos compatriotes aiment », affirme Ricardo Mbarkho. « Au cours de cette journée, les Libanais et leurs ami(e)s partout dans le monde devraient se réunir, en privé ou en public, pour fêter et passer de bons moments autour d’un bon et frais plat de taboulé. Cette réunion, hautement symbolique, témoigne et renforce leur amour pour le Liban. »
« Chaque maison qui participe à cette journée se transforme en musée », indique l’initiateur de cette journée. Il s’agit d’un rassemblement, sans prétention aucune, de la communauté libanaise autour d’un repas traditionnel et accessible à tous. Cela a pour seule ambition de tenter d’apaiser les tensions et divisions qui touchent un peuple meurtri par trente années de guerre. » « L’idée n’est pas de manger le plat en tant que tel. Cela se passe dans la tête, dans la reconnaissance de ce lien commun », note le fervent admirateur de la salade à base de persil.

Le véritable, l'authentique

« Le taboulé représente le terroir libanais, la montagne libanaise. Il mérite certainement qu’on lui consacre une journée», affirme pour sa part Wadih Haddad, membre de l’Académie Libanaise de la Gastronomie. « De plus, tous les ingrédients de ce plat sont extrêmement bénéfiques pour la santé », ajoute le fin gourmet. « S’il est un devoir que l’Académie libanaise de gastronomie se doit d’accomplir, ajoute-t-il, c’est bien celui de corriger l’injure culinaire faite à notre salade nationale par ceux qui sont allés jusqu’à mettre en boîte (au vrai sens du terme) une préparation où devraient se retrouver la fraîcheur estivale de la montagne libanaise et sa rusticité accueillante », s’insurge Haddad. Et le défenseur du goût authentique des mets libanais d’ajouter : « De grâce, plus de persil déshydraté ni de couscous, ni même d’huile végétale quelconque qui déshonorent ce roi du mezzé ! » Mais il précise tout de même qu’une variante du taboulé (parfaitement authentique), qu’on prépare à Saghbine, se fait avec les ingrédients traditionnels, mais avec du « awarma » (viande de mouton conservée dans sa graisse) et sans tomate. Plat ultra traditionnel s’il en est un, respectons donc strictement ses composants (voir encadré) tout en variant, selon le goût du dégustateur, les proportions de chacun d’entre eux.

La recette du taboulé selon Wadith Haddad de l'Académie Libanaise de la Gastronomie

Ingrédients : persil plat frais - 6 bottes (1 600 gr.) ; menthe fraîche - 2 bottes (600 gr.) ; bourghoul (blé concassé) - 300 gr. ; tomates fraîches - 1 100 gr. ; oignons blancs doux - 250 gr. ; oignons verts (cévettes) - 300 gr. (remplacer par 150 gr. d’oignons blancs si introuvables) ; jus de citron frais - 150 cl. ; huile d’olive - 200 cl. ; sel - 25 gr. ; poivre noir en poudre fine - 3 gr.. Mettre le bourghoul dans un récipient et recouvrir d’eau froide jusqu’à 2 cm audessus du niveau du bourghoul. Agiter un peu celui-ci avec une fourchette et retirer les impuretés qui remontent à la surface de l’eau. Laisser gonfler 30 minutes puis bien essorer. Laver le persil et la menthe, les essorer et les sécher dans une serviette. Effeuiller les branches et hacher finement les feuilles au couteau ou au hachoir. Découper en petits dés les tomates après les avoir épépinées. Découper les cévettes en très fines rondelles et hacher petit les oignons blancs. Mettre dans un bol et les assaisonner avec une partie du sel et du poivre. Dans le bol à salade, disposer le persil, la menthe, les tomates, les oignons et enfin le bourghoul et mélanger délicatement mais uniformément le tout en ajoutant progressivement huile, jus de citron, poivre et sel. Goûter et faire goûter pour vérifier l’assaisonnement. Rectifier au besoin. Conseils de dégustation : évitez la fourchette (comme pour tous nos mezzés), mais formez plutôt une bouchée (loukmé) de taboulé dans un bout de laitue romaine ou de chou blanc, ou mieux encore dans une feuille de vigne bien verte et tendre. »

Maya Ghandour Hert

« Célébration - Aujourd’hui, Journée Nationale Libanaise du Taboulé - Notre salade favorite, consacrée oeuvre d’art ». Paru le 1er juillet 2006 dans l’Orient le Jour (Liban). (Extraits)

 

La carte des religions au Liban.
Source : Ministère Brésilien de la Défense. 2006.

Ci-haut gauche : Le 8 mars 2005, environ 1 500 000 libanais (près de la moitié du Liban) manifestent à Beyrouth. Leurs demandes s’inscrivent désormais dans la politique de « l’axe syro-iranien » contre l’axe « franco-américain ». Seule célébration qui unit tous les libanais, la Journée Nationale Libanaise du Taboulé vise à apaiser les tensions et divisions qui touchent un peuple meurtri par trente années de guerre et déchiré par les divisions religieuses. Cette fête vise la réconciliation des deux axes. Grâce à la Journée Nationale Libanaise du Taboulé plus de 300 000 personnes au Liban et dans le monde se sont réunies en 2006. Crédit photo : Al-Mustaqbal, le 9 mars 2005, no 1855.

Ci-haut droite : Le 14 mars 2005, environ 1 500 000 libanais (près de l’autre moitié du Liban) manifestent à Beyrouth. Leurs demandes s’inscrivent désormais dans la politique de l’axe « franco-américain » contre l’axe « syro-iranien ». Seule célébration qui unit tous les libanais, la Journée Nationale Libanaise du Taboulé vise à apaiser les tensions et divisions qui touchent un peuple meurtri par trente années de guerre et déchiré par les divisions religieuses. Cette fête vise la réconciliation des deux axes. Grâce à la Journée Nationale Libanaise du Taboulé plus de 300 000 personnes au Liban et dans le monde se sont réunies en 2006. Crédit photo : Al-Mustaqbal, le 15 mars 2005, no 1861.



NDLR
Ce document utilise la nouvelle orthographe du nom de l'artiste : Ricardo Mbarkho.

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