ARCHIVES DE LA BIENNALE DE PARIS
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Edouard Boyer

Missing 2


Un ensemble de portraits figuratifs et psychologiques d’Edouard Boyer développés virtuellement à partir d'une seule photographie datant de 1966. Ce programme de représentation du personnage Edouard Boyer est systématiquement commandé par l’artiste Edouard Boyer à des spécialistes de telle ou telle technique. Le projet MISSING convertit la carte d'identité en cartographie des possibles. MISSING est la déclaration d’une disparition fictive d’Edouard Boyer à l’âge de 3 ans, et le développement d’un processus de représentation de ce disparu. MISSING 1 consiste en un programme de développement virtuel de l’apparence physique suivant la croissance et le vieillissement à partir de l’âge de cette disparition grâce aux techniques de la Gendarmerie, propres à la recherche des enfants disparus. MISSING 2 consiste en un programme de développement virtuel de son profil psychologique commandées à différents morphopsychologues à partir des portraits précédemment obtenus par extrapolation anthropométrique.

Archives de la Biennale de Paris 2004, Edouard Boyer - Missing 1 (1)
Archives de la Biennale de Paris 2004, Edouard Boyer - Missing 1 (2)
Edouard Boyer, 10 ans

L'impression première donnée par ce visage est celle d'une grande souffrance affective. Le milieu dans lequel il évolue n'est pas en adéquation avec sa nature profonde, qui est faite d'hypersensibilité, de sélectivité, de pudeur et de méfiance. Cette souffrance affective s'observe, d'autre part, par la rétractation latéro-nasale, très importante pour un enfant de cet âge, dans la zone affective ou étage médian, et d'autre part, par le regard qui reflète une grande tristesse. Le milieu d'élection varie en fonction des individus. Tout particulièrement chez Edouard qui est rétracté, le rôle de l'ambiance est important. Dans un milieu favorable qui le comprend, ses défenses tombent, et il est capable de s'exprimer avec aisance, d'être enjoué et de s'ouvrir aux autres. Il est plus attiré par les idées générales que par les faits concrets. Comme tous les enfants de son âge, il a besoin d'être aimé, d'être rassuré. Il a besoin d'être mis en confiance, d'être protégé. Fondamentalement, il n'a pas confiance en lui. Compris par un entourage aimant, les défenses tombent, il s'exprime librement. Subjectif, Edouard considère comme bien ce qui est en accord avec sa propre sensibilité. Il a besoin d'évoluer dans un cadre restreint. Hors du milieu d'élection, il se replie sur lui-même, et il peut rompre le contact.

Analyse de Françoise Béti. Morphopsychologue, juillet 2003
Archives de la Biennale de Paris 2004, Edouard Boyer - Missing 1 (3)
Edouard Boyer, 20 ans

Vraisemblablement sa vie a été difficile et il vit constamment sur la défensive. C'est un écorché vif qui s'accroche a des régles rigides pour pallier son sentiment de fragilité. Edouard réfléchit beaucoup, tout passe d'abord par le crible de sa pensée, il n'y aucune spontanéité, l'analyse domine dans sa forme de pensée, ce qui va entraîner des blocages, des inhibitions le faisant souffrir et le conduisant à se dévaloriser. Il possède cependant une capacité imaginative importante, mais il aura des difficultés à l'utiliser par manque de confiance en soi. Sa prise d'informations, c'est à dire le regard qu'il pose sur le monde est riche. En effet, elle est à la fois en recul, critique et contemplative, avec la capacité d'apprécier l'art. Sa vie affective est plus rêvée que vécue, les sentiments sont très intériorisés, voire refoulés, il ne les exprime que lorsque il se sent complétement en confiance, ce qui est très rare. Cette quasi rupture avec le monde des sentiments provient d'une terrible carence affective dans l'enfance. Paradoxalement, il est en attente d'un amour inconditionnel (l'amour maternel) qui n'a pas été reçu dans la toute petite enfance, dans les premiers mois de la vie. Sur le plan de l'action le manque de confiance en soi est important, il ne réalise guère ce que sa pensée élabore et par conséquent se dévalorise et culpabilise.

Analyse de Janine Maréchale, Morphopsychologue, juillet 2003
 
Crédits : graphiste Timothé Rolin
Morphopsychologues : Françoise Béti et Janine Maréchale
Co-producteur: Synesthésie/CNEAI
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