ARCHIVES DE LA BIENNALE DE PARIS
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Kirk Tougas
David Wharry
Ivan Zulueta
Pierre Rovere
Tony Sinden
Tor Svae
Ivan Messac

Né en 1948 à Caen, vit à Paris.



Le grand départ, 1980.


Expositions personnelles

1971, Gallery Brown Thomas, Dublin, Irlande.
1973, Galerie Ratié « Le noble art », Paris, France.
1974, Galerie Alvarez, Porto, Portugal.
1975, Galerie Sirio, Rome, Italie.
1975, Galerie Noire, Paris.
1976, SIGMA 12, Bordeaux.
1980, Le Parvis, Tarbes, France

Expositions collectives

1970, « Aspects du Racisme », Paris.
1971, « Intox », Maison de la Culture. Grenoble, France.
1973, « La parole est à la peinture », Galerie La Roue, Paris.
1973, « Manipulation du Réel », Pujols.
1974, « Que bien résiste », Lecco, Italie.
1975, « L'emploi de la peinture », Itinérante, France.
1976, « Peinture Grandeur Réelle », Galerie du Luxembourg, Paris.
1977, « Mythologies quotidiennes », ARC 2, Paris.
1979, « Les uns par les autres », Musée des Beaux-Arts, Lille.
1980, « La réalité ou la vie en rose », Centre d'Exposition, Montreuil.

Publications personnelles

1977, Mise en évidence d'une fonction idéologique de la couleur in Opus nr 63. Co-auteur avec O. Kaeppelin de Chronique des années de crise, Editions Syros, Paris 1977.
1978, Chronique des années de crise nr 2, Le Mensonge Editions Recherches, Paris.

Réalisations

1973, Scénographie pour Michel Descombey du ballet théâtre contemporain.
1980, Organise sous forme audio-visuelle, avec O. Kaeppelin, Chronique des années de crise nr 3 à l'ARC 2, Paris.

Oeuvres présentées

Sans titre, 1980, acrylique sur toile, 200 x 300 cm.
Sans titre, 1980, acrylique sur toile, 200 x 270 cm.
Sans titre, 1980, acrylique sur toile, 200 x 240 cm.
Sans titre, 1980, acrylique sur toile, 200 x 200 cm.
Sans titre, 1980, acrylique sur toile, 200 x 200 cm.

Messac serait-il un irréductible mauvais joueur ? Comment expliquer ce penchant pour ces images d'art populaire que sont les roues de loteries foraines ? Il les peint avec éclat dans tous leurs états, vite, lentes, arrêtées, illuminées de toutes les façons, en plans plus ou moins rapprochés, et cette investigation systématique est menée par un métier de peintre aguerri, efficace, sans complaisance, n'hésitant pas à renouer avec un certain pointillisme qui est bien loin d'être la dernière trouvaille à la mode : ne le trouve-t-on pas déjà sur les parois de Lascaux ! Goût du paradoxe ou penchant rétro ? Non, plutôt une décisive remise en question, une tabula rasa d'une potentialité immense. Aux récits, aux réponses. Messac préfère aujourd'hui montrer l'évidence de ce que peut la peinture, cette chance qu'elle a d'être hors les normes comme le plaisir même. Le charme vieillot de ces loteries foraines où la chance était à visage découvert, même si le patron de la baraque la forçait un peu d'un coup de talon, c'est aussi celui de la fête populaire, de cette liesse où les odeurs et les sons étaient aussi familiers que les visages qu'on pouvait y croiser. Et que tournent les couleurs et les chiffres : le hasard y était affaire d'hommes et non d'anonymes systèmes ! Le tiercé ou le loto ne renvoient plus qu'à des chiffres bombardant des solitudes glacées. Les lots eux-mêmes ne sont plus que chiffres encombrés de triades de zéro aussi abstraits qu'un insaisissable infini. La chance est aujourd'hui technologiquement massifiée et planifiée. Rien n'était plus concret, plus immédiatement désirable que ces kilos de sucre d'un lendemain de guerre rationné mais où changer le monde était à l'ordre du jour. On tournait alors la page plutôt que de se relire indéfiniment. Les lendemains qui chantent étaient le contraire d'un narcissisme désespéré. Messac n'est pas le peintre de tour d'ivoire, il a toujours choisi de prendre 'Î'air, l'air du temps, l'air de rien. Il est une espèce de baguenaudeur plongé dans le temps qui passe et aujourd'hui l'urgence lui semble être de dresser l'inventaire de ces roues désuètes, en voie de disparition, ce signe qu'elles lui ont fait tout à coup lui paraît décisif, ces roues de la chance où tant ont été bernés sont les objets merveilleux d'un espoir concret et la couleur, justement, s'y taillait une large part. Aujourd'hui bien que les couleurs soient partout et avec une rare violence, elles ne font que participer d'un monde irrémédiablement gris, désespérément uniforme et terne. Ce bombardement coloré nous accable et nous plonge un peu plus dans un monde morne et sinistre. Les couleurs de ces roues sont de celles qui changent les couleurs de monde. Dans ces toiles de Messac, j'y vois le signe d'une épopée populaire dont on pourrait trouver l'écho du côté de Robert Delaunay et de Fernand Léger et de cette branche laissée caduque par le jeu des avant-gardes, alors qu'elle est certainement l'une des plus nourricières de l'art contemporain compris comme une transformation de la vie quotidienne, une perpétuelle exigence qualitative. Ces loteries foraines maquillées à outrance qui racolent au détour de la fête ne sont plus qu'une image, qu'une illusion que le temps effacera bien vite. Elles furent, une fois, une chance vraie, et leur seconde chance est d'être aujourd'hui les modèles du peintre, son sujet, l'enjeu de sa peinture. Objet factice, fragile et quasiment disparu du spectacle quotidien, il est l'exacte réponse de ces « couleurs en un certain ordre assemblées » par le peintre sur sa toile. Du sujet à l'objet, comme un va et vient spéculaire, ce n'est peut-être qu'une réflexion sur le peu de réalité. Désormais ni messianique ni démiurge, le peintre est tout entier dans ses touches colorées dont chaque éclat témoigne de son rapport au monde. Cette métamorphose d'infimes parcelles de banalités sous le feu d'une étincelle de désir n'est peut-être qu'une folie dérisoire, mais à coup sûr une présence, une résistance, une chance de voir, de vivre autrement. A saisir ne serait-ce que pour le plaisir ! La rage de peindre est irrépressible, elle éclabousse et bouscule, elle inquiète et séduit, elle donne ses couleurs aux joues de l'imaginaire, elle peut tout y compris faire tourner à nouveau la roue de la fortune, et, par sa seule inquiétude fiévreuse, redonner forme à l'espoir. La générosité luxuriante d'un anodin décor de fête est une affaire de coeur et les fausses images de masse qu'affirme la peinture montrent déjà une « démassification » nécessaire, inéluctable. Jean-Louis Pradel

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