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Pierre Joly

Né en 1952 à Paris, mort en 1979.

Pierre Joly eût du participer à la biennale, il l'espérait. II y participe, et il eût fallu, sous la pression affectueuse de Georges Boudaille que j'écrive un texte nouveau sur l'oeuvre de Pierre Joly ou compléter celui que l'écrivis en introduction à sa première exposition. Peut-être est-ce parce que nous ne l'avons pas oublié, ni les circonstances qui le décidèrent à mettre fin à ses jours, que nous ne pouvons aujourd'hui clore par une mise en place définitive cette oeuvre qui nous tient tant à coeur, autant que celui qui l'exécuta dont personne ne peut effacer la mémoire.
Bernard Lamarche-Vadel, juin 1980

Pierre Joly, des peintures sur le périphérique.

Pierre Joly

Telle est la matière réelle aussi de toute promotion esthétique : une idéologie y trouve sa possible fondation, le travail d'interprétation y dessine l'unité imaginaire d'une conclusion idéale du signe. De ce décrochement de la valeur économique formelle du signe à son hypostase symbolique sont nés les mouvements et les réthoriques plastiques : une série de cubes n'induit
pas le cubisme, pas plus une couture n'induit-elle ce qu'il est désormais convenu de nommer l'esthétique Support/Surface.

Sur cette double fonction économique/symbolique du signe, économique/symbolique de la représentation se renforce actuellement le clivage entre deux positions de la nouvelle peinture . une position que le qualifierais volontiers d'autoritaire sur la tradition, assurant sa validité
illusoire par le réaccomplissement compulsionnel de ce qui déjà fait tradition ou par un système auto-référentiel limité à un ensemble signalétique clos qui permet à cette peinture d'inscrire une véritable tautologie de sa pratique qui n'est que la vérité de son ignorance ou de sa paresse. La seconde position, où se tient Pierre Joly, position analytique. est une disposition de translation, une disposition de relance différentielle des principes formels et matériels qui menèrent à la consécration de la valeur d'échangeabilité, à la valeur symbolique autoritaire et traditionnelle d'un style.

Ce qui va pnontairement fonctionner pour Pierre Joly comme valeur signalétique représentative se place sous les auspices de la matériologie issue de Support/Surface Ici commence son identité. Joly ressaisit les différentes instances qui présidèrent voici dix ans à la démonstration de la contexture du fait pictural, puis contre toute expressivité singulière, contre tout expressionisme du matériau, le peintre diffracte ces instances, les résorbe, les assigne organiquement au traitement de la surface, sans plus de point de vue préférentiel sur une mise en condition spectaculaire d'une modalité technique ou d'une récurrence symbolique.

Par la réunion de journaux, cousus bord à bord, assemblés sériellement, Joly fixe son support , le second temps de l'exécution se concentrant sur la définition d'un module rectangulaire dessiné par cette couture qui vient hâcher la surface, en garantir le contour mterne, la grille, qui viendra ensuite absorber la couleur. Outre qu'elle organise le maintien du support, cette grille retient autant qu'elle diffuse sur la surface de vibration du matériau, par l'effet de son recouvrement global. Si nous percevons donc bien une trinité gestuelle assemblage/couture/recouvrement qui ordonne la mise en place matériologique de la représentation, aussi bien nous envisageons au seuil de cette fenêtre, la croisée, réseau organique de la différenciation infinie des effets de la couleur que Joly a justement choisi monochrome noire, les brillances, volumes, aplats, matités, rapportés à leur organe d'engendrement, la couture, origine béante, hâchée, recouverte, imprescriptible des combinaisons chromatiques de la surface.

II est bien certain que Pierre Joly, peintre, obéit aux conditions historiques de sa pratique, qui pour avoir toujours été celles de la représentation depuis qu'existe la pemture, n'en est pas moins surdéterminée aujourd'hui par la question du sujet de la peinture. Depuis 1860, ce sujet dont la mise en procès, en crise ne cesse de vider la représentation pose à cette heure deux
questions fondamentales celle d'une histoire récente (depuis Manet) à refondre totalement du point de vue de sa clôture que nous apercevons mieux dans la multiplication de la performance conclusive du monochrome, enfin sur ce plan de diffusion régulière, où affleure la magie du miroir dont les tableaux de Pierre Joly affirme bien la tentation, que disposer qui ne soit
pris dans les tenailles de la régression. C'est à cette angoisse précise que s'accrochent les tableaux de ce peintre au sein d'une génération européenne, sur le fil non métaphorique qui garantit encore le minimum d'une composition, Pierre Joly, d'un double mouvement, observe la réserve de la conclusion, et stabilise l'espace émotionnel de la disjonction, de l'écart, où notre regard et le sien peut se qualifier en tant que tel.

Le temps n'est plus à la démonstration expressive des corps, dont les audaces disruptives subvertissaient leur projection sur quelque écran, de mieux en mieux les corps abandonnent leur identité, dilués par le mixeur qui assure leur fluidité et leur circulation, leur répartition sous la loi des grands doseurs. Le temps n'est plus encore, à la qualification intime des accidents,
des entropies régionales. de la minuscule griffe qui chargeait autrefois notre langue d'une émotion, voici que ces débordements accentués, eux-mêmes, chargent les grilles du temps d'un poids médit sur nos circulations et nos échanges, offrent quelque regain à la loi de la valeur.

Dans cet exil intérieur où sont maîtrisés les artistes de ce temps, si las de ne pouvoir développer les conséquences quotidiennes, fragmentaires, économiques de leur disposition pour l'originalité, quelle peut-être l'oeuvre toujours à relancer dans nos songeries aussi bien que dans notre application ? Outre le pessimisme qui déjà est une oeuvre spirituelle conséquente en sa
superbe manière de provoquer un doute sur la place du sujet et de son langage, que nous reste-t-il sinon la promenade perpétuelle sur le périphérique ? Voici l'insistance nouvelle que nous prouvent ces peintures, en lesquelles l'époque retrouve ces deux accents prioritaires :
l'échangeabilité et la saturation obtenues d'une soudure générale des différents éléments qui confirment l'ordre sociétaire. S'attacher à souligner, recoudre, peser, déposer, simuler la soudure, les périphéries internes des ordres totalisants, telle est la pression que nous devons encourager, minutieusement ; sans cesser, induire la figure et la réalité de la distraction des ensembles clos par lesquels pourront s'effondrer les vieux fantasmes collectivistes.

Alors, la joie. Et déjà, vers ce périphérique interne que contribue à figurer Pierre Joly, sur lequel transite sa peinture, à la veille d'une conclusion générale et définitive vers quoi nous condamne chaque lour, mieux, la pesanteur centrifuge, ce peintre nous donne un motif supplémentaire de
nous exercer au strabisme divergent. B. Lamarche Vadel, mai 1978.

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