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Babou

Né en 1946 à Villeneuve-sur-Lot, vit à Paris.


Babou, Noue sur pied en départ de rive rond, 1980.

Expositions personnelles

1973, « Résidences de Prestige », Galerie Rencontre, Paris
1974, « Territorio Privado ». Galerie Alvarez-Dois, Porto
1975, « L'Ornement », Galerie de Luxembourg, Paris
1976, Galerie La Main Bleue, Strasbourg
1977, « Signes extérieurs », Galerie Krief-Raymond, Paris
1979, « Catalogue des Grandes Tuileries de Bourgogne », Maison de la Culture, Châlon-sur-Saône.
1979, « Peintures 1977-1979 » Galerie Krief-Raymond, Paris
1979, « Les lieux du vertige » FNAG, rue Berryer, Paris
1980, « Constructions ». Galerie Montesquieu, Agen

Expositions collectives

1972, « Salon de la Jeune Peinture » de 1972 à 1974, Paris
1973, « Manipulation du Réel », Pujols
1975, « L'Emploi de la Peinture », exposition itinérante, Sarlat
1977, « Mythologies quotidiennes » ARC 2, Musée d'Art Moderne, Paris

Oeuvres présentées

Devant de Chéneaux sur fragments de dôme I, 1980, Acrylic sur toile, 205 x 380 cm
Devant de Chéneaux sur fragments de dôme II, 1980, Acrylic sur toile, 205 x 380 cm
Amortissement sur Dôme, 1980, Acrylic sur toile, 205 x 205 cm

Ces toiles si smgulières, si parfaites, et pourtant si familières de Babou s'expliquent-elles par la connaissance indiscrète d'un long processus qui mena là, comme par atavisme, un fils de couvreur ayant lui-même, non sans crainte, mis la main à la pâte en le ne sais quel apprentissage initiatique au sortir de l'adolescence ? Peut-être s'expliqueraient-elles plus « objectivement » par la connaissance quasi-scientifique des règles du nombre d'or et de cette physique des couleurs dont Babou joue avec une rare dextérité, en « maître », avec cette volonté de toujours mieux faire son métier de peintre qu'il s'est choisi comme un Compagnon du Tour de France ? Ces toiles ne trouveraient-elles pas leurs explication la plus convaincante dans la connaissance savante d'un processus historique de la peinture contemporaine permettant de les ancrer à cette investigation de la banalité que mena le pop art en collectionnant les archétypes, que rencontra le renouveau du Salon de la Jeune Peinture et que la Figuration Narrative hissa au rang d'épopée ? Ce goût de Babou de se référer aux images proposées par les dépliants publicitaires des promoteurs de pavillons « à la française » et surtout aux vieux catalogues d'ornements de zinc et de plomb qui étaient la gloire des toitures du début du siècle n'est-il pas la clé de cette peinture qui répond au besoin de distanciation d'un regard critique teinté d'ironie, de tendresse, voire même de nostalgie sur une banalisation galopante de la quotidienneté ?

Ainsi bien des vecteurs, bien des paramètres, permettraient de repérer ces trois toiles de Babou sur l'écran radar des contrôleurs artistiques pour y être épinglées, étiquettées, anéanties, dans ce leu de simulacres où aujourd'hui tout se confond, où tout se perd à force de pouvoir s'échanger. A la bourse des valeurs artistiques tout se vaut bien, tout s'aplanit à quelques séries de chiffres, comme chaque identité, tout est quantifiable prêt à être avalé par un ordinateur quelconque en attendant le Grand Ordinateur qui remettra chaque chose à sa place.

Aussi est-il urgent de ne trouver aucune réponse dans ces toiles mais des questions, de celles qui dérangent toujours l'ordre des choses, l'ordre moral. Prenons les le plus naïvement du monde pour ce qu'elles sont des espèces d'OVNI ou plutôt d'Objets Volés à l'Imaginaire par quelque consciencieux fantasque tout à son désir de peindre comme de vivre. L'histoire de ces toiles comme l'histoire de Babou, l'une et l'autre inextricablement mêlées, ne cesseront jamais d'être toujours une autre histoire, celle d'une objection, d'une subversion, d'un défi. Ni théoricien bricolant dans l'expérimental, ni académique prêt à se couler dans le monde d'un conformisme sécurisant, Babou cultive un individualisme qui préfère aux lois du silence, celles de la communication. Contre l'omerta chère à l'élite qui s'octroie tous les pouvoirs, fussent-ils dérisoires ou sanglants, Babou peaufine ses toiles comme autant de questions qu'il se pose à lui-même en même temps qu'à nous. Des éléments crânement figuratifs où se reconnaissent aisément des délicates surfaces de toitures, de subtiles appareillages d'ardoises ou même, comme sur ces trois toiles, des figures d'animaux domestiques. tissent avec le goût du nombre, de la composition, d'un leu savant de couleurs saturées et complémentaires, un tissu de contradictions où le discernement est mis à rude épreuve Les couleurs et les objets représentés se tiennent souvent à cette limite de l'identifiable où les évidences ne cessent de se dénoncer comme soumis à un activisme pictural qui loue d'une perpétuelle remise en question. En fin de compte, ne restent, comme au premier abord, que des éléments clairement figuratifs, nommés le plus souvent par le titre, dont le prosaïsme n'a rien à envier à ceux qu'énumèrent les catalogues dont se sert le peintre, et dont la fonction essentielle est d'indiquer dans la série des tableaux de Babou l'unicité de chacun d'entre eux. Chacun étant ce tour de force, cet exploit, ce « chef d'oeuvre » d'un peintre compagnon nommé Babou. Rien n'est moins vain que cette ultime question sur laquelle se referme inexorablement chacune de ces toiles « finies » que chacune des autres remettront en question.

Babou est un funambule qui renouvelle son exploit à chacun de ses tableaux, traversant l'espace immaculé de la toile vierge tendue sur le châssis aidé d'un balancier hétéroclite chargé de la discipline rigoureuse d'un savoir-faire consciencieux, réglée comme une mécanique répétitive, et d'images stéréotypées, inventoriées par un catalogue professionnel. Chaque fois il repart sur ce fil soumis à cette seule tension exigée par une contrainte intérieure offerte à chaque fois une fois pour toutes. L'ivresse du faire triomphant du péril, la force du plaisir de peindre occultant sa vanité, à chaque fois il ira jusqu'au bout de son désir, enjambant une fois de plus le gouffre de tous les possibles, des références mnombrables, des dérisions absolues comme le néant.

Trois toiles comme un triptyque de tableaux absolument uniques peints à la première personne, comme personne d'autre. Une mise en jeu sur la trame d'un tissu de contradiction de ce qui questionne d'autant plus tous les autres qu'il s'y risque absolument. Rien n'est plus vertigineux, rien n'estplus périlleux que le galbe trompeur et le trop lisse appareillage d'ardoises d'un dôme construit pour affronter l'espace céleste, fut-iI, en une ultime dénsion, en un ultime défi, souligné ou couronné de l'effigie d'un animal domestique. Pourquoi l'une des figures, l'une des métamorphoses du sphinx, aujourd'hui, ne serait-elle pas celle du porc assis au sommet d'une coupole ?

Comme les matériaux des constructeurs surent défier les intempéries et l'espace, ceux du peintre peuvent parfois déchirer les ténèbres et le temps, mort d'être sans voix, de ses surfaces lisses et tranchantes comme des rasoirs, glacées comme des cris, brûlantes comme des éclairs défiant le plus incurable aveuglement.

II était question de trois tableaux de Babou singuliers, parfaits et pourtant familiers d'être chacun une irréductible question, un leurre substantiel.

Jean-Louis Pradel

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