ARCHIVES DE LA BIENNALE DE PARIS
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Introduction

En présentant la Ve Biennale de Paris, Je veux adresser un salut amical et affectueux a celui qui a créé cette manifestation et lui a permis de s'affirmer et de se développer. Raynond Cogniat, qui avait participé étroitement à la vie de la Biennale de Venise, songeait depuis longtemps à faire à Paris une confrontation analogue, au stade de la recherche et de l'invention. En imposant aux participants de ne pas avoir dépassé 35 ans, il a permis à la Biennale de Paris de rester chaque fois aussi jeune, d'affirmer son caractère dans un constant renouvellement. Ainsi cette manifestation se montre d'une utilité irremplaçable pour la définition des étapes successives de l'art contemporain.

Après avoir assuré quatre expositions, Raymond Cogniat a quitté, en 1967, la direction de l'entreprise, mais il a bien voulu continuer à y participer par ses conseils. Sa part est restée très grande, ses avis parfois décisifs, donnés dans un total dévouement à notre œuvre commune.

Notre Biennale n'a pu exister et se développer sans une extraordinaire conjonction de concours officiels et d'initiatives individuelles. Nous n'avons jamais fait appel en vain à la Ville de Paris, au Bureau et aux Commissions du Conseil Municipal, à sa Direction des Beaux-Arts et à la Conservation des Musées, en particulier pour résoudre des problèmes d'installation de plus en plus difficiles. Le concours apporté par le Ministère des Affaires Culturelles et sa Direction Générale des Arts et des Lettres, par le Ministère des Affaires Etrangères et sa Direction Générale des Relations Culturelles, par le Ministère de l'information et l'Office de Radiodiffusion-Télévision Française, s'est avéré cette année particulièrement important dans le choix des oeuvres, dans les liaisons avec les artistes étrangers, dans l'élaboration du secteur musical, poétique et théâtral, dans la diffusion de l'ensemble de notre programme. A cela vient s'ajouter la précieuse collaboration de l'Administration des Monnaies et Médailles, de l’Institut International du Théâtre et de la Cinémathèque Française.

Mais un nom a symbolisé le concours de l'État à la Biennale, celui de Monsieur Jacques Jaujard, Secrétaire Général du Ministère des Affaires Culturelles, Président de l'Action Artistique. En tant que Président de notre Conseil d'Administration, il s'est préoccupé jusqu'à ses derniers moments d'assurer à notre entreprise, dont il avait toujours accepté les initiatives les plus audacieuses, les moyens matériels de réalisation. Nous saluons ici sa mémoire.

La présentation de cette cinquième biennale a été assurée par les architectes Alain Tavès et Robert Rabutato, avec le plein concours de Pierre Faucheux qui, depuis l'origine, a montré tant de talent, d'ingéniosité et de goût pour exposer, d'une façon homogène et digne, les aspects les plus divers et les plus imprévus de la création artistique contemporaine. Leur tâche a été cette année particulièrement ardue en raison des travaux de restauration qui viennent de commencer au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris où nous recevons une généreuse hospitalité. Il a fallu aussi tenir compte des problèmes posés par une plus large représentation des pays participants, la création de nouvelles sections de la plus haute portée, comme celle d'architecture qui va de pair avec le développement des travaux d'équipe, ou dans un domaine tout à fait autre, comme la photographie, dont la présence s'impose si l'on songe à tout ce que la peinture actuelle lui emprunte, comme la médaille - pour laquelle le grand sculpteur Sklavos, qui vient de disparaître prématurément, avait conçu des projets que nous sommes heureux d'exposer et qui apportent un extraordinaire renouvellement à cette discipline très ancienne.

Mais le plus grand problème posé, celui dont la solution donnera sans doute son caractère à cette Biennale, c'est de tenir compte de l'éclatement des structures antérieures et des dimensions convenues. L'art d'aujourd'hui refuse de se laisser enfermer dans des genres, il secoue les habitudes et les routines. Tout se tient et marche d'un même mouvement. Les envois que nous avons reçus de tous les coins du monde sortent des mesures fixées, des cadres établis. Par leurs dimensions, leur articulation, leurs références, leur projection dans l'espace, ils se rattachent deux problèmes de l'architecture que celle-ci ne peut résoudre seule, et ils reflètent l'ambition et la nécessité d'intégrer davantage l'art à la vie.

Devant l'ampleur des solutions qui nous étaient proposées, nous nous sommes efforcés de les accueillir sans en sacrifier aucune, quitte à assouplir notre règlement et les perspectives prévues Même s'il en résulte parfois un certain Raisonnement ou un encombrement - et nous nous en excusons - nous avons pensé que cela en valait la peine et que les visiteurs y prendraient d'autant plus d'intérêt.

Beaucoup de travaux se présentent collective- et nous avons essayé de favoriser les groupements. Il nous a semblé qu'à travers les pays les plus divers se marquait davantage la communauté des recherches et des rencontres. De grands courants s'affirment et nous souhaitons que cette Ve Biennale de Paris, en leur permettant de se dégager, contribue à la définition, par les jeunes artistes du monde entier, d'un style nouveau qui exprime déjà la civilisation de demain.

Jacques Lassaigne

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