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Commissaire général : Luc Bischoff
Premier Secrétaire chargé des Affaires Culturelles près l'Ambassade de Suisse à Paris

On sent une volonté de sortir des chemins battus, une révolte contre le "déjà fait" dans les ateliers des trois jeunes artistes suisses qui exposent cet automne à la Biennale des Jeunes. On s'imagine dans une miroiterie chez Christian Megert, quand bien même il s'intitule peintre et sculpteur. II doit savoir pourtant qui il est puisqu'il se voit plus de cent fois par jour dans ses miroirs dont les morceaux sont fixés aux murs, gisent à terre ou attendent sur des tables de devenir image ou sculpture. Megert n'est pas de ceux qui, spéléologues ou plongeurs subaquatiques, descendent dans les gouffres les plus profonds ou les eaux obscures pour nous montrer combien tout y "mugit et bouillonne", ni aux "aéronautes", dont le chevalet semble posé au-dessus des nuages pour saisir le vide des espaces et le contraindre en images laisse parler ses miroirs, comme l'amoureux le dit avec des fleurs. L'aire des miroirs si absolument plane constitue pour lui la limite la plus subtile de tous les magnifiques espaces qui puissent s'imaginer, précédant tout espace matériel de couleur, celui même de l'ample rouge. Megert aime les miroirs et il les découpe avec un art accompli ; il assemble de cent façons différentes les morceaux singuliers qu'il crée, à tel point que leur reflet devient tableau variant à l'infini. L'artiste a également imaginé un livre de miroirs ; celui qui le parcourt feuillète en quelque sorte en lui-même et c'est bien pourquoi cet ouvrage compte parmi les livres que l'on relit toujours. Les ceuvres de Megert voyagent d'expo-sition en exposition, en Suisse comme à l'étranger, changent de visage et de contenu, peignent l'envers du monde sans jamais le profaner. Une route poussiéreuse avec des fondrières. Les clôtures du jardin semblent rouillées depuis toujours ; au-delà, des tuyas, des lobélias, des bégonias et, bourré de tuf, le cognassier tout près de la porte du jardin avec ses ornements. On parvient à une paisible demeure avec ses cadres de briques rouges autour des fenêtres, avec ses masques de céramique décoratifs et sa porte de chêne. C'est là que vit Heinz-Peter Kohler depuis sa plus tendre enfance, dans un faubourg de Bienne, cité de l'horlogerie et des temps modernes construite en béton et en acier. Tel l'enfant étonné, il est entouré de tout ce qu'un peintre peut y voir et y ressentir. L'atelier qu'il occupe mesure deux mètres sur quatre. Tout son luxe consiste en une atmosphère particulière qui, extérieurement ou intérieurement, fait jaillir de l'obscurité et de la clarté ou sombrer magnifiquement chaque vibration dans le plus petit espace. II y a dans cet atelier miniature tout ce dont le peintre a besoin, y compris la distance nécessaire entre l'eeil qui scrute et la toile. En vérité, l'atelier du peintre, c'est dans son for intérieur qu'on le trouve. C'est là qu'il scelle les nombreuses résonances coloristiques de ses aquarelles et de ses toiles naissant de l'obscurité. Conçues en elle, les choses qu'il représente vivent tout naturellement comme les objets de sa maison et desa ruedans le climat de leur quartier. Le quartier est vieillot, mais l'idée picturale de son jeune habitant est neuve tout en étant fidèle au monde qui l'entoure. Peter Stàmfpli, quant à lui, a su qu'il allait devenir peintre après les premiers essais de sa prime jeunesse. Délivré des liens rigides de l'école, il met ses projets à exécution et réalise son rêve en vivant depuis quelques années à Paris. Delacroix peignait autrefois dans l'atelier haut perché de la rue Notre-Dame-de-Lorette. Seul objet qui demeure au milieu de l'atelier, une échelle sur laquelle j'imagine juché - mon imagination n'a rien d'hérétique - le maître de la "Barque de Dante" enveloppant sa toile du rideau de velours rouge. L'échelle solitaire annonce aujourd'hui la vague de la nouvelle génération brisant l'importunité des sujets. La lumière éblouissante du matin éclaire les nombreuses toiles de grand format aux couleurs pures qui, adossées aux murs, assaillent sans pitié l'oeil critique du visiteur. Rythmes rouge-blanc, formes jaune-rouge, noir-rouge, puis blancs et noirs largement répartis : c'est ainsi qu'est reçu celui qui pénètre. A l'opposé, extraordinaire, une grande toile sur laquelle figure une rose rouge peinte sur fond jaune, éclatante comme un soleil rouge. Avec la toile suivante, nous voici au volant d'une voiture, à l'embrayage manuel, qui roule dans un vaste espace jaune que limitent nettement le volant et les essuie-glaces. Ce sont là de nouvelles choses dit le jeune peintre. On y voit également une machine à laver et, sur un large fond blanc, un homme en manteau de pluie s'y détache en quelque lieu. C'est un autoportrait de l'artiste. Ce sont des choses qui sont perceptibles à chacun et utilisées journellement. Le fond de la toile sur lequel elles sont peintes est blanc pur, jaune, cinabre. C'est l'espace continuel des pancartes, des catalogues, de la page d'annonces des journaux. Le climat pictural des toiles est ainsi fixé ; chacun les connaît inconsciemment, les effleure chaque jour. La rencontre la plus banale affronte l'extraordinaire. La lumière du jour et du néon s'assemblent plus intensément encore dans ces toiles. Lumières de notre époque. Dans la nature, par sa lumière, tout est impondérable comme par enchantement, devenant ainsi supportable et agréable à notre oeil. Nuages, rochers, fleurs mais aussi machines à laver paraissent de la même veine et soumis à cette aimable loi artistique. Dürer disait que l'art était dans la nature mais qu'il fallait le percevoir pour l'en dégager.

Max von Mühlenen
Membre de la Commission fédérale des Beaux-Arts




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Section arts plastiques
Peinture et dessin


Heinz-Peter KOHLER
Né en 1935 à Bienne (Suisse)
L'église, 1962 (aquarelle, 29 x 41)
Les quatre fenêtres, 1962 (aquarelle, 29 x 40)
La grande rue, 1962 (aquarelle, 29 x 41)
La place grise, 1962 (aquarelle, 29 x 40)
Le saltimbaque, 1962 (aquarelle, 29 x 41)
Vert, 1963 (aquarelle, 29 x 40)
L'attente, 1963 (aquarelle, 29 x 40)
A la fenêtre, 1963 (aquarelle, 29 x 40)
Réception galante, 1962 (aquarelle, 29 x 41)
Le château vert, 1962 (aquarelle, 29 x 40)
Méditerranée, 1962 (aquarelle, 29 x 40)
L'école, 1963 (aquarelle, 29 x 41)

Peter STAMPFLI
Né en 1937 à Berne (Suisse)
Autoportrait au raglan, 1963 (huile, 160 x 117)
Pot-au-feu, 1963 (huile, 155 x 135)
Rubis, 1963 (huile, 147 x 153)
Ma voiture, 1963 (huile, 126 x 170)

Sculpture

Christian MEGERT
Né en 1936 à Berne (Suisse)
Sphère spatiale, 1963 (miroirs, 240)
Sphère spatiale, 1963 (miroirs, 240)

Section composition musicale

Jean BALISSART
Né en 1936 à Lausanne (Suisse)
Ballade pour orchestre

Heinz HOLLIGER
Né en 1939 à Pangenthal (Suisse)
Elis, 3 nocturnes pour piano

Rudolf KELTERDORN
Né en 1931 à Bâle (Suisse)
Concertino pour piano, percussion et cordes

WYTTENBACH
Né en 1935 à Berne (Suisse)
Sonate en 4 mouvements pour haut-bois seuls
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