ARCHIVES DE LA BIENNALE DE PARIS
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Introduction

Sous la haute autorité de M. André Malraux, Ministre d'État chargé des Affaires Culturelles, et grâce à la coopération du Ministère des Affaires Culturelles et du Ministère des Affaires Etrangères, ainsi que de la Ville de Paris et du Département de la Seine, nous sommes en mesure de présenter la IIIe Biennale de Paris. En peu de temps cette manifestation a pris sa place parmi les grandes entreprises internationales, mais il est encore trop tôt pour établir un véritable bilan, car nous sommes en pleine évolution et ne savons à quels résultats nous allons aboutir. Tout au plus, pouvons-nous constater un constant développement et l'apparition d'expériences nouvelles. Aussi peut-on se demander, tenant compte de l'accélération de la vie moderne, dans quelle mesure nous les suscitons ou les subissons.

Ces expériences sont diverses : d'une part celles d'ordre technique qui cherchent une nouvelle coordination entre les différentes disciplines artistiques et l'emploi de nouvelles matières, d'autre part celles d'ordre moral qui veulent traduire les incertitudes, voire les angoisses de notre temps. Nous ne nous permettons pas de proposer un choix entre ces tentatives. Contentons-nous donc de résumer le chemin parcouru. Aussi bien les résultats acquis sont assez satisfaisants dans le présent sans qu'il soit nécessaire de chercher des encouragements dans des perspectives ou des promesses hypothétiques tournées vers l'avenir. La IIIe Biennale de Paris sera l'extension logique des précédentes puisque son succès même l'oblige à s'étendre chaque fois un peu au-delà des limites atteintes par la manifestation précédente. Elle comporte la participation de près de soixante nations. Ce chiffre se passe de commentaires et confirme notre marche ascendante. II nous réjouit parce qu'il prouve que nos intentions ont été comprises et approuvées par des pays de plus en plus nombreux. Tous, quelle que soit leur idéologie sociale, ont jugé notre manifestation opportune et correspondant à une action utile et efficace. La présence, entre autres, pour la première fois, des artistes de l'URSS et de ceux de l'Afrique Noire est particulièrement significative; elle nous invite à étendre le débat au-delà des problèmes personnels, au-delà de nos horizons habituels.

Pour donner à notre manifestation son maximum de signification par rapport aux efforts de la jeunesse, nous avions déjà précédemment suggéré aux organisateurs, dans chaque pays, de demander aux jeunes de prendre une responsabilité effective, notamment en participant aux travaux de sélection des exposants. Plus encore que la dernière fois, notre point de vue a été admis et des jeunes ont figuré dans les jurys, ou même des jurys composés exclusivement de jeunes ont été constitués. Nous avons été amenés à développer les sections que nous avions seulement esquissées précédemment, tel fut notamment le cas pour les travaux d'équipe qui ont pris cette année une extension exceptionnelle. Ils se situent cette fois à l'extrême avant-garde et engagent l'avenir dans des voies extrêmement originales par cette collaboration entre les différentes disciplines artistiques dont on parle beaucoup depuis quelque temps et qui trouve ici plusieurs occasions de se matérialiser. La section française accorde une large place à ces tentatives et nous avons rencontré en cette circonstance une compréhension extrêmement généreuse auprès de plusieurs organisations industrielles, sans la collaboration desquelles nous n'eussions pas pu présenter tant de travaux. L'Aluminium français, la Compagnie de Saint-Gobain, l'Électricité de France, la Société Kodak-Pathé notamment, et beaucoup d'autres maisons dont on trouvera la liste plus loin, ont apporté une contribution matérielle et morale des plus larges dont nous ne saurions trop les remercier.

Plusieurs pays ont été, eux aussi, tentés par cette partie du programme et montrent de très curieuses réalisations. Seules, la Belgique et l'Italie ont pu aller au-delà des maquettes réduites et donner une dimension réelle à leurs projets. Les résultats impressionnants ainsi obtenus prouvent combien cette expérience est enrichissante par toutes les possibilités nouvelles qu'elle offre.

L'examen des travaux d'équipe proposés à la section française nous a fait voir qu'il y avait deux façons de concevoir cette fusion des arts : une manière que nous dirons "permanente" et qui est comme une extension plus vivante, plus complète de ce qu'est une exposition; une manière que nous dirons "temporaire" et qui est comme une extension de ce qu'est un spectacle. Nous n'avions pas prévu cette deuxième forme en l'absence des moyens financiers qui nous eussent permis de lui offrir un lieu de présentation convenable. Cependant, devant l'insistance des promoteurs, devant l'intérêt de certains projets et la possibilité de les monter dans un cadre assez élémentaire, nous les avons inscrits parmi les manifestations devant avoir lieu dans notre auditorium.

Celui-ci va accueillir cette année une activité particulièrement importante, non seulement en raison des entreprises ci-dessus mentionnées, mais aussi pour répondre au désir maintes fois exprimé par les artistes de voir la Biennale de Paris ne pas limiter son action aux seules créations des arts plastiques. La section de cinéma et celle de la poésie, esquissées précédemment prennent une nouvelle ampleur; quant à la musique, elle semble devoir bientôt occuper dans la Biennale de Paris une place aussi importante que la peinture et la sculpture. Le rôle joué par la RTF dans l'organisation et le fonctionnement des sections de musique et de poésie, ainsi que dans la réalisation de certains travaux d'équipe est considérable et nous nous plaisons à reconnaître que sans cette collaboration, sans cette contribution généreuse sur tous les plans, il ne nous eut pas été possible de mener à bien cette partie de notre programme. Une fois encore les établissements André Debrie ont bien voulu mettre à notre disposition les appareils nécessaires aux projections cinématographiques. La section de décoration théâtrale voit aussi son succès s'étendre. L'Institut International du Théâtre et le Centre Français du Théâtre nous ont apporté à cette occasion la confiance et l'aide les plus totales.

Quant â la section de gravure, elle retrouve avec plus d'exposants, ses ambitions et ses espoirs. Cette fois encore cinq artistes (français et étrangers) ont accepté d'exécuter spécialement pour nous, une planche dont le tirage limité sera fait sous la direction de J.J. Rigal et vendu par nos soins pendant la durée de l'exposition et à des conditions extrêmement modestes. Les Papeteries de Montevrain pour les épreuves sur vélin de Hollande, les Papeteries du Moulin de Richard de Bas pour les épreuves du tirage de tête, ont eu la grande générosité de nous offrir le papier nécessaire à cette édition. Déjà, la série publiée en 1961 et dont il ne reste plus que quelques exemplaires, avait réuni des artistes dont plusieurs ont atteint aujourd'hui une large notoriété. Nous souhaitons, par ce moyen, servir une nouvelle équipe, composer une collection originale qui mette en valeur ceux qui sont invités à y participer et, par la même occasion, attirer l'attention d'un vaste public sur un art qui semblait jusqu'alors réservé à un public restreint d'initiés. Tout cela fait que, malgré la bonne volonté, ô combien agissante, des représentants de la Ville de Paris et des conservateurs du Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, nous sommes plus à l'étroit que jamais dans les limites du dit Musée. Mais nous y avons déjà certaines habitudes et le désir de renou-vellement n'exclut pas le plaisir rassurant de s'appuyer en même temps sur une certaine stabilité. En outre, cette place trop restreinte impose à tous un choix plus sévère. II suscite certes un plus grand nombre de déceptions, mais aussi met mieux en valeur les artistes qui ont été retenus. Ainsi chacun y est présenté avec des chances égales, car il n'y a pas de place sacrifiée, ni de discriminations entre grands et petits pays. Pour conclure, il reste à répéter aux visiteurs que nous n'avons pas la prétention de révéler tous les deux ans, quelques hommes de génie. Notre dessein est plus simplement de créer un lieu où ceux-ci, s'ils existent, puissent se manifester; un lieu où, même sans génie, chacun se sente à son aise pour s'exprimer dans une atmosphère de compréhension et de bonne volonté qui doit être celle de Paris, qui est celle de Paris depuis longtemps. Déjà plusieurs artistes français et étrangers ayant figuré aux précédentes Biennales ont désormais acquis une large notoriété internationale.

Grâce à la ténacité et la compétence d'une équipe de collaborateurs d'un extrême dévouement, nous croyons travailler efficacement à maintenir ce miracle permanent qu'est l'École de Paris, car nous savons désormais que l'action de notre Biennale ne se limite pas à une exposition d'un mois tous les deux ans. Les bourses de séjour entretiennent des contacts permanents entre les artistes étrangers et nos services. Les membres de notre Comité d'Accueil facilitent au maximum les rencontres avec les boursiers pendant leur séjour en France. Les brillantes réceptions organisées par quelques personnalités pendant l'exposition laissent en outre, un souvenir profond à ceux qui y sont conviés. De constants échanges, des demandes de renseignements, des visites fré-quentes entre les deux expositions, prouvent que, non seulement les lauréats, mais aussi les exposants, comptent sur nous pour ne pas rester isolés et maintenir, ou même étendre, les rapports qu'ils ont pu nouer grâce à la Biennale. Cette activité a fini par devenir permanente et nous semble aussi importante que l'Exposition proprement dite car elle répond à cette vocation d'influence et de rayonnement qui est la justification de la Biennale de Paris.
Cependant, l'ultime décision dépend en définitive des visiteurs de cette exposition qui, par leur jugement, donneront les justes proportions de notre entreprise.

Raymond Cogniat
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